Valérie
Rouzeau
Née en 1967 dans la Nièvre, Valérie Rouzeau vit
à Tours. Elle essaie de “vivre en poésie”
(lecture, écriture, traduction, rencontres d'écoliers...)
Elle collabore aux revues
Décharge, La Polygraphe et
fait partie du comité de rédaction de
Petite.

- Je trouverai le titre après, Chambelland, 1989 ;
-
Petits poèmes sans gravité, La Crypte, 1991 ;
-
Chantier d'enfance, La Bartavelle et Le Noroît, 1992 ;
-
Ce n'est pas le printemps, Traumfabrik, 1995 ;
-
Pas revoir, Le dé bleu, 1999 ;
-
Neige rien, Unes, 2000.

------------------------------

Toi mourant man au téléphone pernoctera pas voir papa.
Le train foncé sous la pluie dure pas mourir mon père oh steu plaît tends-moi me dépêche d'arriver.
Pas mouranrir désespérir père infinir lever courir
Main montre l'heure sommes à Vierzon dehors ça tombe des grêlons.
Nous nous loupons ça je l'ignore passant Vierzon que
tu es mort en cet horaire.
Pas mourir steu plaît infinir jusqu'au couloir blanc d'infirmières.
Jusqu'à ton lit comme la loco poursuit vite vers Lyon
la Part-Dieu.
Jusqu'à ton front c'est terminé tout le monde dans la petite chambre rien oublier.
[...]

Pleut sur les fleurs par-dessus toi il pleut papa.
Plein mon sac c'est de l'eau qui tombe plein les oreilles.
Le bruit que ça fait : celui de l'éléphant pissant infiniment si tu te souviens.
On dirait que les graviers rouspètent les uns après les autres,
à moins que ça soit d'être arrosés comme ça.
Suis la seule visiblement là entre les bégonias et les
je sais pas quoi.
Une malheureuse averse oh rien de bien énorme.
Une dispute de graviers sans aucune mémoire.

Extraits de Pas revoir

© Michel Durigneux

RETOUR ACCUEIL POESIE