Christian
Prigent
Christian Prigent est né en 1945 à Saint-Brieuc.
Professeur de lettres dans l’enseignement secondaire
depuis 1967. Après des séjours à Rome (1978-1980) et
à Berlin (1985-1991), il vit actuellement dans le Perche.
Il a dirigé de 1969 à 1993, la revue
TXT et la collection
du même nom. Il collabore également à de nombreuses
revues en France et à l’étranger et donne régulièrement
des lectures publiques de son travail. Il a publié des livres
de fiction, de poésie et de critique, des traductions et
des enregistrements sur cassette et CD rom.

BIBLIOGRAPHIE :

1- LIVRES SUR LES PEINTRES :
a- Les principaux textes critiques écrits par Christian Prigent
sur la peinture et publiés en revues ou dans des catalogues
avant 1995 ont été rassemblés et refondus dans
-
Rien qui porte un nom, Cadex éditeur, Saussines, 1996.
b- Des textes poétiques écrits face à la peinture entre 1975 et
2001 sont rassemblés dans
-
Avec mes peintres, Galerie l’Ollave éditeur, Rustrel, 2002.
c-Autres ouvrages sur la peinture :
-
Comme la peinture (Daniel Dezeuze), Yvon Lambert éditeur,
Paris, 1983 ;
-
La Corne du taureau (Jean-Louis Vila), Galerie Athanor éditeur,
Marseille, 1983 ;
-
Viallat la main perdue, Rémi Maure éditeur, Paris, 1981.
Rééditions : Ecole des Beaux Arts du Mans (1993) puis Editions
Voix, Metz (1996).

2- AUTRES TEXTES (APRÈS 1996) :
-
Le Coup du dé (Jean-Marc Chevallier), Ateliers, Item éditions,
Paris, 1999 ;
-
Ce qui fait tenir l’image (Daniel Dezeuze), La Chaufferie,
Strasbourg, 2002 ;
-
De la nature des choses peintes (Joël Desbouiges),
C.R.A.C Montbéliard, 2002 ;
-
Au motif (Serge Lunal), G.A.C, Annonay, 2002 ;
-
Conférence (Philippe Boutibonnes), E.N.S.B.A Le Mans, 2003.

3- OUVRAGES A TIRAGES LIMITÉS :
-
La Belle journée, Chambelland, 1969 (avec Robert Tatin) ;
-
La Femme dans la neige, Génération, 1971 (avec Gérard Duchêne
et Jean-Pierre Ghesquière) ;
-
La Mort de l’imprimeur, Génération,1975 (avec Daniel Dezeuze) ;
-
L’Main, L’Energumène, 1975 (avec Claude Viallat) ;
-
Hacettepe University Bulletin, Ecbolade, 1976 (avec Gilbert Dupuis) ;
-
Du côté de l'imagimère, Terra incognita, 1977 ;
-
Prige de vue, Images Nuit Blanche, 1978 (photographies de François Lagarde) ;
-
Un os, Muro Torto, 1979 (avec Bernadette Février) ;
-
Roma, Muro Torto, 1980 (avec Mathias Pérez) ;
-
200 Conseils pour un carnaval, Térature, 1981 (avec Mathias Pérez) ;
-
Paysage avec vols d’oiseaux, Carte Blanche, 1982 (avec Antoine Révay) ;
-
Journal de l’œuvide, Carte Blanche, 1984 (avec Pierre Buraglio) ;
-
Mobilis in mobilier, Cadex, 1986 (avec Daniel Dezeuze) ;
-
Notes sur le déséquilibre, Carte Blanche, 1988 (avec Dominique Thiolat) ;
-
Six jours sur le Tour, Editeurs Evidant, 1991 (avec Joël Desbouiges) ;
-
Un fleuve, Carte Blanche, 1993 (avec Mathias Pérez) ;
-
Album du commencement, Ulysse fin de siècle, 1997 (dessins de l’auteur) ;
-
À la dublineuse, Cadex, 2001 (avec Serge Lunal) ;
-
Marelle Mallarmé, FDAC du Val de Marne, 2002 (avec Jean-Marc Chevallier) ;
-
Je commence, L’Attentive, 2002 (avec Mathias Pérez) ;
-
Rimbaud aime Lucrèce, Plis, 2003 (avec Serge Lunal).

4-ESTAMPES :
-
Une mère, Muro Torto, 1980 (avec Antoine Révay) ;
-
Une plage, Carte Blanche, 1984 (avec Pierre Buraglio) ;
-
Oyez, fils de porcs, Médiathèque du Mans, 1996 (avec Mathias Pérez).

5-AUTRES OUVRAGES DE CHRISTIAN PRIGENT :
-
Denis Roche, Seghers, Poètes d’aujourdhui, Paris, 1977 (essai) ;
-
Power/powder, Christian Bourgois, Paris 1977 (fiction) ;
-
Œuf-glotte, Christian Bourgois, Paris, 1979 (fiction) ;
-
Voilà les sexes, Luneau-Ascot, Paris, 1981 (fiction) ;
-
Peep-Show, Cheval d’Attaque, Dieulefit, 1984 (fiction) ;
-
Deux dames au bain, L’un dans l’autre, Paris, 1984 (fiction) ;
-
Souvenirs de l’Œuvide, Artalect, Paris, 1984 (cassette audio) ;
-
La langue et ses monstres, Cadex, Saussines, 1989 (essai) ;
-
Commencement, POL, Paris, 1989 (roman) ;
-
Ceux qui merdRent, POL, Paris, 1991 (essai) ;
-
Ecrit au couteau, POL, Paris, 1993 (poésie) ;
-
Une erreur de la nature, POL, Paris, 1996 (essai) ;
-
A quoi bon encore des poètes ?, POL, Paris, 1996 (essai) ;
-
Une phrase pour ma mère, POL, Paris, 1996 (fiction) ;
-
Glossomanies, L’Ambedui, Bruxelles, 1996 (théâtre) ;
-
Dum pendet filius, POL, Paris, 1997 (poésie) ;
-
L’Ecriture, ça crispe le mou, Alfil, Neuvy-le-Roi, 1997
(CD & partitions) ;
-
Le Professeur, Al Dante, Paris, 1999 (réed. : 2001) (récit) ,
-
Berlin, deux temps trois mouvements, Zulma, Paris, 1999 (chronique) ;
-
L’âme, POL, Paris, 2000 (poésie) ;
-
Salut les anciens / Salut les modernes, POL, Paris, 2000 (essai) ;
-
Réel : point zéro, Weidlerverlag, Berlin, 2001 (essai) ;
-
Venise, inverno, Rapport d’étape, Venise, 2002 (chronique) ;
-
Presque tout, POL, Paris, 2002 (poésie) ;
-
Ne me faites pas dire ce que je n’écris pas, Cadex, Saussines, 2003
(entretiens) ;
-
Grand-mère Quéquette, POL, Paris, 2003 (fiction).

6-SUR CHRISTIAN PRIGENT :
Numéros spéciaux de revues et dossiers dans des revues :
- Térature n° 3/4, 1981 (
Le sex o’clock de Christian Prigent) ;
- Java n°5, 1990 (
Présences de Christian Prigent) ;
- Action poétique n° 126, 1992 (
Ceux qui merdRent) ;
- Faire part n°14/15, 1994 (
Christian Prigent) ;
- Le Matricule des anges n°28, 1999 (
Christian Prigent) ;
- Il particolare n° 4/5, 2001 (
Christian Prigent).
Film :
- Pascale Bouhénic,
L’Atelier de Christian Prigent,
Avidia/ Centre Georges Pompidou, 1997.

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Grand-mère Quéquette

“J’écoute Grand-mère, je re-crains à mort. Je crains
qu’on me gave, à cause de lenteurs limite volontaires
à sortir d’enfance et obstination en format minable
question centimètres, d’hormones de croissance
trouvées à Prisu avec du venin dedans de bêtes morte.
Je crains j’ai lu ça en douce en dico d’épouvantement
scientifiquement de finir pour ça poupée ramollo chiffon
sur un matelas top avec des poulies et que croqueville
ma main sur du rien et que peu à peu ma couenne vire
au bleu ou au violet moche et que mon parfum fasse
fuir même le chien et que ma paupière jamais plus
ne ferme malgré les collyres pour que je voie moi
en délabrement sans digression et qu’on prenne mes
fesses pour tartine de miel sans succès notable contre
les pluches de peau en pus et que chaque jour de plus
en plus vite soit un jour de moins. Je ne confie rien
de ça à Grand-mère, je sais qu'elle dira que j'exagère
ou que je noircis en anticipé sur du core pas sûr
voire des fantaisies de futurologie. Qui vivra verra,
Grand-mère sans doute pas. Mais moi qu’ai du champ,
ou frère ou copain classe 45 et des environs, ça nous
pend sûrement pas loin sur après. Et question menus
et gastronomie, si plus droit à rien en vision de loin
de tout qui fut bon par où ça passa, du gros pain pourrit
et du grain se moud dans les officines d’intranquilité.
Car on va manger quoi bientôt désormais jusqu’à
dorénavant ? Du serpent piteux ? Du sautillé de
kangourou ? Du merlan d’autruche ? De la matelote
de pelotes de chat ? De la gamète de bouc en conflote ?
Des boulettes de rats au sperme de chameau greffé
sur le dos ? Des séquences de gras de génome en croûte ?
Du sang de navet bio, cher, avec la terre ? Du sac de
cadavré d’humanidé lyophilisé ? Des petites pilules
d’os recomposé ? Du code-barre en barres ? Des gélules
d’enzymes de chenille à la vanille ? Du sel de nitrate
en crottes en cachous ou en berlingots ? Du cactus
d’élevage ? Du label d’épis de barbe de zootie suivie
en fichier par la Faculté ? Des galettes de truc en tout
sauf de blé ? Des crêpes de farine de chien ? Des crêpes
de ça le matin ? Des crêpes à midi de sucre de cleps ?
Des crêpes de tapioca de caca d’cabot au goûter avec
du sirop pur reconstitué au chlore d’H2O ? Des crêpes
de poudre d’extrait de quéquette de bête à l’eau de Javel
pour le petit souper érotisé dans le salon particulier avec
des yeux d’hareng pasteurisé dedans pour tartiner les
décolletés ? Ou du pain de merde de même farine en
miches ou couronnes, ou bretzel ou pogne, ficelle ou
baguette mais toujours en merde ? Voilà des questions-
mais nul ne répond, le ciel obstine sourd et grand-mère
pareil et je reste seul avec comme amis l’avant qui me
fuit, l’ici qui me cuit et l’endemain qui sent fort le roussi.”

Extrait d’un travail en cours
Christian Prigent

Site internet
http://www.sitaudis.com/

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