Michel Mourot
Michel
Mourot
Né à Sens en 1948. Vit dans la Marne depuis janvier 1953.
Rencontre au lycée Clémenceau de Reims, dès 1958,
Jean-Marie Le Sidaner, qui l’initiera à la poésie moderne
et avec qui il fondera la revue “Equinoxe”, en 1964.
Se rend avec celui-ci au festival de Coaraze (Alpes Maritimes),
pendant l’été 65, où ils côtoieront, entre autres, les membres
de la revue “Encres vives” et un jeune poète de leur âge,
à la singularité déjà flamboyante, Jean-Paul Michel.

Assiste, à la faculté des lettres de Reims, avant et après 68,
aux conférences d’Alain Badiou – moment important de
rassemblement de la vie intellectuelle rémoise, au-delà
des seuls étudiants – sur Mallarmé et la violence dans l’histoire.
Membre du comité de rédaction de la revue “Encres vives”
jusqu’en 1973.

Arrête l’écriture de 75 à 80, tout en continuant à être
un lecteur assidu de “Tel quel”, “Change”, “Action poétique”
et de poésie en général – période au cours de laquelle l’activité
politique militante occupe l’essentiel de l’espace du faire et
du questionnement.

Redécouvre le besoin impérieux de l’écriture poétique
pendant l’été 80, juste après une visite de la vallée des temples
d’Agrigente et collabore à diverses revues par des poèmes ou
articles (“Zéro limite” - “Action poétique” - “In’hui” -
“Variable” - “Java” - “Correspondances” - “Arpa” -
“Triages” - “Autre Sud”…).

Pratique également la photographie (une exposition à Reims,
à la librairie “La pochothèque” en 87 – “Plaies du reflet”).
Membre fondateur de l’association “Noria” qui, de 1992
à 2000, invita à la Comédie de Reims nombre d’intellectuels,
d’artistes et d’écrivains à présenter le vif de leur démarche.
Après la mort de Jean-Marie Le Sidaner, avec lequel il était
resté en contact régulier, organise à Reims plusieurs
manifestations autour de l’œuvre de celui-ci.

Préside l’association des “Amis de Jean-Marie Le Sidaner”
et participe à la fondation de la revue “Présages”, dont
il continue à assurer la publication.

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Michel Mourot sort en avril 2005 Dans le cœur de la distance,
poèmes, collection Clepsydre aux éditions de la Différence

Extrait :

Quand la braise du pantin
rejoint l’oralité du rocher.
quand la danse – ô fanal s-
dénonce la vue courte
et rejette comme des bris
les toiles du chant vainqueur,
renouer la catastrophe
aux poissons qui sommeillent,
aux balances qui s’ajustent
aux temps obscurs et forcément obscènes
d’une respiration.
Le poème comme l’histoire
colle au cœur de la distance,
infiltre les mythes
écartelés
dans l’éternelle et impatiente roue
de l’image –
le crâne de l’opium sanglant.

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PRINCIPALES PUBLICATIONS :
-
Marées, Encres vives – 1964 ;
-
A l ‘épreuve des pierres, Poésie des limites et limite de
la poésie
– Belgique – 1965 ;
-
Oculaires, Encres vives – 1975 ;
-
L’escalier, ci, Aencrages & Co – 1990 ;
-
Carnets d’ignorances, Editions Rencontres – 1998 ;
-
La note de la mort veut monter à l’aigu, Editions Alibis – 1999 ;
-
Ouvrir, défaire, in “Visages antérieurs” Boris Lejeune –
La différence - 2001.

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Extrait de “Comme c’est”

C’est
où ça où ça que le noir
danse et irradie le nu,
balaie le pouah du nous
mal murmuré dans la boue
mal murmuré dans la foule
où il n’y a c’est connu
que brouillard ovipare (par
monts et vaux jamais nés),
qu’une succession de que
(l’image qui convient le mieux
est évidemment une plaine
où tous les sens sont couchés
dans l’épopée défaite,
le présent allumé )
- accident, connais pas -
un dos antécède un dos,
une polyphonie d’errances
dans une phrase mal ponctuée
où ça pousse de nulle part
- ô gibet des départs
ô mousson relâchée :
les corps et les visages
détourés, démurés.
nous marchons vers la dé-
mocratie du poème,
haletants, allaités :
alors désaccoucher
l’habiter trop visible,
d’une aurore impénétrable,
divisée.

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