Bernard Heidsieck
Photographie : Françoise Janicot.
Bernard
Heidsieck

Bernard Heidsieck, poète multimédia, est à l’origine
de la poésie-action et l’un des co-fondateurs de la poésie
sonore avec Henri Chopin, en 1959, par l’usage qu’ils font
du magnétophone et du micro, outils non plus simplement
reproducteurs mais transformateurs par les mixages possibles.

Il publie son premier livre de poèmes en 1955 et peu après
commence ses expériences magnétophoniques. Il va participer
aux différents festivals d’avant-gardes à Paris, dans les
années 60, et tout particulièrement aux rares soirées Fluxus,
avant d’organiser, chez lui et ailleurs, des soirées de lectures,
de performances et de poésie sonore, dans les années 70.

Il publie sur disque dans la revue OU de 1954 à 1974, édite
le premier livre-disque (5 vinyls inclus) dans les années 70
au Soleil Noir, à Paris. Il publiera une suite de disques
(L’encoconnage, Poèmes-partitions etc.) et tout dernièrement
le coffret (Texte et CD) Vaduz, aux éditions Conz à Vérona
(Discographie complète). Plusieurs CD et plaquettes seront
publiées en 1999.

Jean Pierre Bobillot a publié le premier livre sur son oeuvre,
en 1997, aux éditions Jean Michel Place.
Bernard Heidsieck n’abandonne ni le sens ni la phrase,
il invente une nouvelle dramaturgie visuelle, gestuelle,
verbale et sonore, avec les pré-enregistrements magnéto
et l’improvisation simultanée, au micro, en direct, créant ainsi
ce qu’il a nommé la poésie-action (en action et selon une
partition préalable). Créateur et interprète de sa propre
production, il produit une oeuvre où texte-corps et voix
sont un tout indissociable.

BIBLIOGRAPHIE:
Publication dans de trés nombreuses revues françaises et
étrangères, dont :
- Sitôt dit. Seghers, 1955 ;
-
Poésie action/Poésie sonore 1955-1975. Atelier Annick Le Moine, 1976 ;
-
Tanger I et Tanger II. Christian Bourgois Editeur, 1978 et 1979 ;
-
Poème-Partition D4P. Editions Hundertmark, RFA, 1894 ;
-
Poème-Partition "N". Les petits classiques du grand pirate, 1995 ;
-
Vaduz. Francesco Conz Editeur, Vérone, Italie, 1998 ;
-
Canal Street. AL DANTE Editeur, 1998.

DISCOGRAPHIE :
Au total 78 disques et cassettes de ses textes, enregistrés
par lui-même, dont :
-
Trois biopsies + un passe-partout. LP ;
-
P puissance B. Radiotaxi, vibrazioni del sonoro 7 ;
-
Canal Street. BH et Sevim producteurs. Coffret de 3 LP.

FILMOGRAPHIE :
Plusieurs films sur Bernard Heidsieck ont été réalisés, dont :
-
Portrait-minute, de Françoise Janicot et Renée Beslon, 1968 ;
-
Polyphonix 4, Centre Georges Pompidou, 1982 ;
-
Est-ce que le son est bon ?, film de Brigitte Cornand pour Canal +, 1998 ;
Collaboration avec divers artistes : Jean Degottes, Lourdes Castro,
Gianni Bertini, Ruth Francken, Paul-Armand Gette, Françoise Janicot,
Paul Skelbye (livres, films, manifestations et performances publiques).

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Extrait de Notes convergentes
Editions Al Dante

“Le poème est essentiellement édification, rassemblement
et / ou éclatement de soi… et du reste. Un éclairage, une cicatrice,
une faille ouverte sur… sur… sur tout, tout, tout, sauf sur lui-même,
de grâce, pitié de l’air, qu’il soit action, et non cette sempiternelle
réflexion de et / ou sur lui-même, qu’il cesse enfin de se masturber,
de se…, de se… qu’il remue, circule, vire, bouge, agisse au lieu de…
avant de… se complaire de sa propre image. Qu’il s’égare et s’oublie,
ni plus, ni moins. Ouf. Ouf. Parfait. Qu’il ne se résume pas à un
“flash-back” sur lui-même, le mot, les mots, le langage et le reste…
Dans la complaisance voluptueuse et miroitante de sa seule et propre
rétine. De l’air, de l’air. Oui.”

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Il est sans doute assez exceptionnel qu’une démarche artistique
tout entière trouve, durablement, sa dynamique et
son ultime justification dans un geste unique, inaugural, et irrévocable.

C'est pourtant, et exemplairement, le cas chez Bernard Heidsieck.
Geste, on s'en doute, risqué, décisif, incisif puisqu'il consista
- rien de moins - à trancher le substantiel cordon qui depuis
des siècles de tradition et des décennies de modernité assujettissait
le poème à « la page », à l'écrit.

Il s'en est lui-même maintes fois expliqué : la publication d'un premier
recueil - Sitôt dit, chez Seghers, en 1955 - la persuada d'emblée
qu'il s'était, naïvement, engagé dans la plus mauvaise voie qui fût :
celle de la « poésie écrite », parvenue à son point extrême
d'exténuation, tant formelle que sociologique. Sociologique, en ce
que cette poésie révéla, soudain, à ses yeux, comme « exclusivement
écrite et lue pour et par les seuls poètes entre eux ». Formelle, en ce
que dans le même mouvement, elle s'avouait, « à cette date, parvenue
au stade logique, ultime de la page blanche ». Poésie sans voix,
voie sans issue…

Mais ce constat, doublement négatif (d'échec), il le convertit sans
désemparer en une prise de conscience, à la fois négative (critique)
et positive (créatrice), accompagnée de la décision que, logiquement,
elle emportait : a) il y avait un « urgent besoin de sortir le poème
de sa passivité », « de lui faire sa rentrée dans le monde », « de lui
faire assumer, enfin, à nouveau, les risques directs de la communication,
instantanée, physique, aléatoire » ; b) il allait s'y employer.

Ce furent les premiers Poèmes-partitions :
« Cette appellation voulait concrétiser leur vocation sonore et
le fait que leur nouvelle disposition sur le papier, à l'image simpliste
d'une partition musicale, me fournissait certaines indications de
Lecture, à savoir le rythme, les durées, la vitesse, les hauteurs de ton…
Ainsi s'en trouvèrent facilitées les premières Lectures à haute voix
que je commençais à pratiquer auprès de cercles très restreints
d'amis. »

 

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Invitation de Bernard Heidsieck
Leur mettre du plomb dans la tête et
les voir filer droit !

Invitation-carte postale pour la lecture de
Christian Prigent et Bernard Heidsieck
de B Heidsieck.



Invitation de Bernard Heidsieck