Vahé
Godel
Né en 1931 à Genève, où il habite. Licencié ès Lettres
de l’Université de Genève.
Enseignement du français au Collège de Genève (1956-1993)
Séjours en Arménie – le premier en 1969 ; le plus long en 1973,
le plus récent en automne 2000.
Membre de la société des Gens de Lettres de France.
Membre du Pen-Club (Suisse Romande).
Membre d’Honneur de l’Union des écrivains d’Arménie.
Membre du jury du prix Max-Pol Fouchet.
Correspondant de la maison internationale de la poésie de
Bruxelles
Co-responsable de la Revus Présages (La Différence, Paris).

Auteur d’une quarantaine d’ouvrages (poèmes, récits,
essais,
trad. de l’arménien) – notamment :
-
Qui parle ? Que voyez-vous ? (prix Schiller, 1982),
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Du même désert à la même nuit (préface de Michel Butor,
1978 ; réed avec une préface de Nicolas Bouvier, coll.
"poche suisse", 1991),
-
Quelque chose, quelqu’un (choix de textes, préf. de
Jean Starobinski, Ed de La Différence, 1987,
-
La poésie arménienne du Ve siècle à nos jours
(La Différence, 1990),
-
De plus belle (La Différence, 1993),
-
Arthur Autre (La Différence, 1994),
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Un homme errant (Metropolis, 1997),
-
Fragments d’une chronique : Genève-Paris-Arménie
(Metropolis, 2001),
-
Tous les désirs de l’âme (Albin Michel, 2002),
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Le charme des vestiges (Caractères, Paris, 2003),
-
(Le reste est invisible) (Métropolis, 2004).

Nombreuses collaborations avec des plasticiens
(livres d’art) : Marc Pessin, Chan Ky-Yut, Jacques Clauzel,
Bertrand Dorny, Catherine Cacquevel, Thierry Bourquin,
Jean Zuber, Graziella Borghesi, Mylène Besson…
Des œuvres de Vahé Godel ont été traduites et publiées
dans un grand nombre de langues, particulièrement en
Arménien, en russe, en espagnol et en roumain.

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Voix blanche

(obscursis ta demeure murmure une voix blanche) rompus
tous les circuits brisées toutes les lampes
– globes néons
lustres spots –
(t’éblouisse le noir !)
ne subsiste
qu’une allumette
une seule bougie blanche blanche
comme les parois
d’une cellule
individuelle
d’un centre spatial
d’une salle de réveil
d’un oratoire ou
d’une morgue
blanche comme
les neiges éternelles
de l’innommable
comme l’uniforme
des Gardiennes
du Silence
oui
plus blanche encore
qu’une nuit blanche
( souffle la bougie
ferme les yeux
contemple l’horizon

(Genève, 2002)

Vahé Godel

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