Photo : © J.-L. Geoffroy.
André
Balthazar

Né le 7 janvier 1934 à La Louvière, Belgique. Etudes secondaires à l'Athénée provincial du Centre à Morlanwelz. A terminé sa philologie romane à
1'Université libre de Bruxelles en 1956.

En 1950, rencontre Pol Bury qui lui ouvre les yeux
et alimente ses curiosités (surréalisme, Cobra, art abstrait...).
Durable amitié. Connivence.
Devient aussi un très proche ami du poète Achille Chavée.

Vers 1955, crée avec Pol Bury 1’Académie de Montbliart,
où se mûrira la pensée bul et d'où sortira, en 1957, le Daily-Bul,
moniteur de la dite pensée. Début d'une singulière aventure
qui réunira et réunit toujours de très nombreux complices
autour d'activités diverses et d'éditions ; celles-ci se plaisent
à des rencontres entre papier et encre, pinceau et plume,
idées et arrière-pensées.

À propos d'elles (activités, éditions), on a parlé d'humour,
d'insolite, de dérision et d'insolence.
Brouiller les pistes appartient aussi à leur désinvolte exigence.

André Balthazar publie en 1963 son premier recueil de textes :
- La Personne du singulier, illustré par Pierre Alechinsky.
D'autres suivront de façon irrégulière.
A enseigné pendant vingt-sept ans à l’Athénée de Morlanwelz
et aussi parlé, pendant plus de dix ans, de littérature vivante
à 1'école de la Cambre (ENSAVC), à Bruxelles.

A créé le Centre de la gravure et de l'image imprimée (La Louvière).
Membre de la Libre Académie de Belgique, il le fut aussi de
l’Association internationale des critiques d’art.

Est aujourd'hui retraité et s'en porte assez bien, parmi
des papiers et des poussières. Aime le passé, moins le présent,
peu le futur. A écrit sur les animaux, puis sur les légumes et
sur d'autres choses (petites). Et aussi sur Elle, sur Il, sur Je.
A collaboré à des revues, réfléchi sur des œuvres, édité
des livres. Il lui restera plus tard à parler du silence.

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À propos de la langue, André Balthazar a pu écrire autrefois :

“Elle n'est pas bavarde”. On ne s'en étonnera pas, pas
plus aujourd’hui qu’hier. L'auteur de La Personne du singulier
aime les mots, mais son amour de la langue n’est pas sans limites :
il n’en abuse jamais. André Balthazar coud à petits points serrés
les mots et les émotions qu'ils disent, aussi ne nous y fions pas
trop; son relâchement du point n'est jamais qu’une apparence
pour en mieux signifier l’élégance. La ponctuation est chez
lui davantage qu'une pause, qu’un ralentissement du rythme :
c'est en fait le seul signe de noblesse qu’André Balthazar
s'autorise à porter.

Peut-être faut-il en revenir alors aux racines, naturelles et
culturelles. Un père sensible à l’humour des contes anglais,
la lecture de Michaux, les rencontres de Bury, Chavée,
Havrenne, mais également des études de philologie romane
et un goût pour la langue classique ? de Racine à Ponge qu'il
n'a jamais renié, ont fait d’André Balthazar dans le territoire
littéraire de la « Belgique sauvage », un écrivain à part, ni tout
à fait dedans, ni tout à fait dehors.

Que le même soit également 1'un des initiateurs du « Daily-Bul »
y fut peut-être pour beaucoup : André Balthazar, cette singulière
personne, est un écrivain méconnu. L'exposition n'a d'autre
justification que de donner à de nouveaux lecteurs quelques
clefs, pour humer d’un peu plus près les arômes échappés
de cette fabrique de mots. Avec la complicité de leur auteur.

Alain Delaunois

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BIBLIOGRAPHIE :

- La personne du singulier, Ornements de Pierre Alechinsky,
Éd. Daily-Bul, La Louvière, 1963 ;
- A bras le corps, Cinétisations de Pol Bury, Éd. Daily-Bul,
La Louvière, 1965 ;
- Il faut ce qu'il faut, Sérigraphies de René Bertholo,
chez l'auteur, Paris, 1965 ;
- Pol Bury, monographie, Éd. Sergio Tosi, Milan, 1967 ;
- Deux contes, Coll. Les Poquettes volantes, Éd. Daily-Bul,
La Louvière, 1969 ;
- Pol Bury, monographie, Préface d'Eugène Ionesco,
Éd. Cosmos, Bruxelles, 1976 ;
- Fenêtres à vue, Photographies de Georges Vercheval,
Éd. Daily-Bul, La Louvière, 1977 ;
- Lignes, Gravures de Pol Bury, Éd. Brandes, Dijon, 1979 ;
- L'enfance de l'âge, Lithographies d'Antonio Segui,
Éd. Daily-Bul, La Louvière, 1982 ;
- Les images virtuelles, illustrations de Reinhoud,
La Pierre d'Alun, Bruxelles, 1982 ;
- La concordance des temps, Dessin de Pol Bury, Éd. Labor,
Bruxelles, 1984 ;
- Pâleurs obliques, cinq eaux-fortes de Pol Bury, Éd. Dutrou, Paris, 1987 ;
- Façons d'y voir, illustrations de Julius Balthazar,
Éd. Daily-Bul, La Louvière, 1989 ;
- Buffonneries, Éd. Daily-Bul, La Louvière, 1990 ;
- L'Air de Rien, illustrations de Petr Pos, Éd. Daily-Bul, La Louvière, 1992.

 

Collaboration aux revues :

Sens plastique, Savoir et Beauté, Phantomas, Kwy, Da-a/u delà,
ICA Bulletin, Qui Arte Contemporanea, Chroniques de l'Art vivant,
Le Journal des Poètes, Clé pour les Arts, Clé pour le Spectacle,
Studio international, Le Vocatif, XXe siècle, Revue de l'Université
de Bruxelles, Lectures...

 

Divers écrits sur :

Pol Authom, Pol Bury, Gabriel Belgeonne, René Bertholo,
Calder, Achille Chavée, Pierre Cordier, Jacqueline De Jong,
Christian Dotremont, Claude Galand, Henri Michaux,
Camille De Taeye, Robert Michiels, Joan Miro, Ronald Searle,
Antonio Segui, Armand Simon, Lionel Vinche, Jan Voss...

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(...) Lire André Balthazar : interroger ses titres,
suspendre les questions, se contenter d'hypothèses,
réduire ses livres à l'espace qu'ils occupent sur
le rayonnage d'une bibliothèque. Lire André Balthazar,
c'est entrer en solitude après telle ou telle lecture.
Mais enfin diriez-vous! "et Balthazar dans tout cela ?"
Pourrais-je répondre : tant de livres pour dire de moins
en moins la matière, pour dire de plus en plus l'esprit,
pour dire de moins en moins l'esprit, pour dire de plus
en plus l'amour. Pourrais-je répondre, tant de livres
pour passer d'une froide leçon d'anatomie à un électro-
cardiogramme du tendre. Pourrais-je aussi répondre,
à bas les masques : la dérision, c'est l'utopie des tendres.
Pourrais-je dire, maintenant passons à table, commençons
le compte à rebours, relisons Balthazar à coeur ouvert,
les yeux au bout des doigts. Les belles-lettres, me disait
l'autre jour une bulle de savon, sont des fonctions régulatrices.

Gaspard Hons

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